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Sénatoriales: le RN débarque en force à la chambre haute
information fournie par AFP 27/09/2026 à 22:43
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Le Sénat le 21 juillet 2026, à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Le Sénat le 21 juillet 2026, à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Le Rassemblement national frappe un grand coup: en formant un groupe parlementaire au Sénat pour la première fois dimanche, le parti lepéniste a obtenu un succès significatif en pleine campagne présidentielle, venant perturber la domination historique de la droite à la chambre haute.

Les élections sénatoriales ont également été marquées par la première victoire d'un élu Insoumis.

Alpes-Maritimes, Bouches-du Rhône, Var, Vaucluse... Avec au moins 15 sièges acquis au parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella ou à leurs alliés de l'Union des droites pour la République (UDR), le RN a rempli son objectif.

"C'est une victoire historique et une étape majeure qui est franchie", a salué Marine Le Pen sur X, évoquant une "percée générale" qui confirme "l'accélération de l'implantation du Rassemblement national sur tout le territoire".

Affiche de campagne du Rassemblement national à Breteuil, dans l'Oise, le 19 septembre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Affiche de campagne du Rassemblement national à Breteuil, dans l'Oise, le 19 septembre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Une marche symbolique, mais pas que: elle sera synonyme de temps de parole accru, de moyens supplémentaires... et surtout de relais précieux pour la candidature de Marine Le Pen à l'Elysée. "C'est un coup d'accélérateur pour cette campagne présidentielle", a estimé le vice-président Sébastien Chenu.

Même s'il passe au second plan dans l'ombre de 2027, ce scrutin indirect, reflet des élections municipales, sera analysé avec soin par les états-majors des partis, à sept mois de la présidentielle.

LFI fait son entrée

Deux constats s'imposent notamment: l'implantation locale du RN est en nette progression, à l'image de scores parfois quintuplés par rapport au dernier scrutin en 2020 ; celle de La France insoumise reste faible, malgré l'élection du premier élu Insoumis dans le Rhône.

Alors qu'on le disait battu, le député LFI Gabriel Amard, par ailleurs gendre de Jean-Luc Mélenchon, a créé la surprise. "Gabriel Amard nous fait entrer au Sénat, en dépit de toutes les tentatives de barrage. Heureux augure pour 2027", a salué le leader du mouvement sur X.

La mainmise des Républicains sur l'hémicycle, avec leurs alliés centristes, n'est pas bouleversée par ce renouvellement de 178 sièges sur 348, pas plus que la réélection probable de Gérard Larcher (LR) à la présidence de l'institution, programmée jeudi.

Le Sénat restera "l'assemblée du débat apaisée, de la raison et de la réflexion", a réagi l'homme fort de la chambre haute, promettant de "permettre à chaque groupe d'exercer pleinement ses droits".

Mais l'érosion de LR (131 sièges avant le vote), qui pourrait perdre autour de sept sièges selon un décompte partiel réalisé par l'AFP, révèle un certain affaiblissement, alors que Bruno Retailleau - facilement réélu en Vendée - espère damer le pion aux candidats du bloc central en vue de la présidentielle.

"Pas de porosité"

LR doit-il s'attendre à des débauchages venus de l'extrême droite ? Le président du RN Jordan Bardella a réitéré sa volonté de "tendre la main aux patriotes sincères de LR" dimanche et l'UDR a déjà revendiqué le ralliement d'une sénatrice de l'Ain qui siégeait jusqu'à présent avec LR.

"Il n'y aura pas de porosité. Nous resterons sur notre ligne", a pour sa part martelé le chef du groupe LR Mathieu Darnaud, réélu confortablement en Ardèche.

Le président du parti Les Républicains (LR) et candidat à la présidentielle, Bruno Retailleau, à Paris le 18 septembre 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Le président du parti Les Républicains (LR) et candidat à la présidentielle, Bruno Retailleau, à Paris le 18 septembre 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Comme prévu, Les Républicains ont souffert dans la couronne méditerranéenne. L'UDR du nouveau maire de Nice Eric Ciotti a ainsi raflé deux sièges dans les Alpes-Maritimes, quand le RN en a pris deux dans le Var et deux autres dans les Bouches-du-Rhône, entre autres terres de conquête.

La députée RN Edwige Diaz a réussi son pari en Gironde, et passera du Palais Bourbon au Palais du Luxembourg. Pari perdu en revanche pour Marie-Caroline Le Pen, sœur de Marine Le Pen, battue logiquement dans la Sarthe.

A gauche, la présence quasi-systématique de listes LFI en concurrence avec les autres formations politiques a créé une certaine dispersion des voix, le Parti socialiste lui reprochant par exemple d'avoir empêché sa réélection dans la Creuse.

Avec 65 sièges avant le scrutin, le PS a perdu des plumes mais obtenu quelques gains inattendus, ce qui devrait lui permettre de demeurer la deuxième force du Sénat devant l'Union centriste (59 sièges).

Quant aux Écologistes, ils ont perdu un siège en Gironde et un en Alsace, conséquence logique de la bascule de Bordeaux et Strasbourg aux municipales.

Le parti Horizons d'Edouard Philippe, représenté notamment par le groupe des Indépendants, revendique désormais 20 sénateurs, soit une hausse de deux sièges. "Quand on est unis on gagne", a commenté le numéro 2 d'Horizons Christophe Béchu, dans une amicale pression vers M. Retailleau.

Alors qu'une incertitude planait sur l'avenir du groupe macroniste RDPI (19 membres), orphelin de son influent président François Patriat décédé cet été, son représentant Xavier Iacovelli a assuré qu'il se maintiendrait.

1 commentaire

  • 22:22

    Pas une bonne nouvelle.


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